Sacqueboute Schnitzer (1579)

La sacqueboute Anton Schnitzer l'Ancien de L'Accademia Filarmonica di Verona.

 Il s'agit d'un instrument à part dans l'histoire de la facture instrumentale : il possède une deuxième coulisse, cachée à l'intérieur de la coulisse principale. Anton Schnitzer à probablement construit deux instruments identiques (double coulisse, férules en or) la même année (1579). L'un d'eux a longtemps été répertorié dans le catalogue d'instruments ayant appartenu à la chambre de l'Archiduc Ferdinand de Tyrol (1524-1595) à Innsbruck. Il est encore mentionné en 1788, mais est considéré comme disparu dans un inventaire de 18061.

Ferdinand de Tyrol

autographe Serego 148
Autographe du Comte Giordano Serego

Pavillon Schnitzer
Pavillon Anton Schnitzer (1579)

L'autre a probablement été acheté  par un des membre de l'Académie Philharmonique de Vérone, le comte Giordano Serego "Valente virtuoso dello strumento"2. Nous savons qu'il vend son instrument à l'Académie en 1590, pour 15 couronnes d'or, ce qui représente une somme importante pour l'époque. L'Académie a dû revendre plusieurs violes afin de pouvoir acquérir cette sacqueboute. La seconde coulisse, télescopique en quelques sortes, servait non seulement à pouvoir s'accorder précisément -à une époque où la pompe d'accord n'existe pas encore- mais également à pouvoir modifier le diapason de l'instrument, progressivement, jusqu'à près d'une quarte plus bas. Et cela sans avoir recours à un manche comme sur une sacqueboute basse : la coulisse est manipulée en tenant toujours l'entretoise de la coulisse principale (la coulisse secondaire se trouvant dans le prolongement de la coulisse principale). C'est certainement ce qui lui a longtemps valu d'être considérée comme une basse3, alors qu'il s'agit plutôt à notre avis d'un instrument ténor qui peut devenir facilement baryton (le maniement de l'instrument, double coulisse déployée, est assez malaisé). Cela nous porte à réfléchir sur l'usage de la transposition au 16e siècle4.


  1. Lire à ce sujet : Martius Klaus, and Markus Raquet. “The Schnitzer Family of Nuremberg and a Newly Rediscovered Trombone” (HBSJ 2007 

  2.  Paganuzzi, E., I fiati rinascimentali a verona, in La bottega del suono. Gli strumenti a fiato nel costume e nell’arte.  Cassa di Risparmio di Verona Vicenza e Belluno, 1987 

  3. Van der Meer, John Henry, and Rainer Weber. Catalogo degli strumenti musicali dell’Accademia Filarmonica di Verona. Accademia Filarmonica di Verona, 1982 

  4. Lire à ce sujet Weiner, Howard. “Aurelio Virgiliano’s Nuova Intavolatura Di Tromboni” (HBSJ 2011) . Nous publierons prochainement un article à ce sujet.